Bilan annuel


Histoire de cas


Un balbuzard pêcheur de plus réhabilité

Trouvé à Saint-Joachim-de-Shefford le 10 mai 2020, un balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) a été apporté à la Clinique des oiseaux de proie de la Faculté de médecine vétérinaire le 11 mai par des agents de protection de la faune du Bureau du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs de Granby.

La blessure est récente et la radiographie confirme une fracture de l’ulna à l’aile gauche avec un alignement acceptable. La chirurgie orthopédique ne sera pas nécessaire. On décide d’immobiliser l’aile avec un bandage en huit.

Cette espèce n’est pas facile à réhabiliter, elle est très sensible au stress de la captivité et refuse de s’alimenter. Nous avons dû lui gaver son poisson pendant 3 semaines. Il s’agit aussi d’une espèce qui développe facilement une maladie respiratoire fongique et nous avons dû lui administrer un médicament préventif à cet effet.

Grâce à la générosité du Parc Écopêche, nous avons finalement réussi à stimuler son appétit en lui présentant des truites fraîches. À ce stade de sa réhabilitation, la cicatrice osseuse de sa fracture était suffisamment avancée pour envisager son transfert en volière de réadaptation à Chouette à voir!, le 4 juin.

Cliquez sur ces images pour voir les vidéos.

Dans les derniers jours, il a fait beaucoup de progrès en volière. Il en est venu à arriver à faire un vol sur place dans la grande volière. 

Il a finalement été remis en liberté le 13 juillet 2020 sur le site de Chouette à voir! à Saint-Jude par une bienfaitrice de l'UQROP qui a fait un don pour cet oiseau.

 

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Deuxième chance pour une jeune femelle aigle royale en migration

Une jeune aigle royale en migration a été observée plusieurs jours près d’une ferme dans la région de Saint-Wenceslas en novembre 2019. Elle ne semblait pas très farouche et se laissait approcher. Les gens l’ont vu manger une mouffette.

  

Photos : Rachel Lavallée

Les agents de protection de la faune du Bureau de Victoriaville l’ont capturée le 24 novembre en l’attirant avec des cuisses de poulet. C'est une éducatrice de l'UQROP qui l'a ensuite récupérée à Drummondville pour l'acheminer à la Clinique des oiseaux de proie à Saint-Hyacinthe. Nous n'avons rien trouvé à l’examen physique et à la radiographie, sauf qu’elle était très maigre (3 535 g). Une prise de sang nous a permis d'exclure la possibilité d'une intoxication au plomb ou d'une myopathie de capture.

Après une bonne alimentation, une importante prise de poids (5 550 g) et un entraînement en volière de réadaptation à Chouette à voir!, elle était prête à retourner dans la nature. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a proposé de lui installer un émetteur satellite afin de suivre ses déplacement après sa remise en liberté, qui a été effectuée le 9 janvier 2020.

Photo : Guy Fitzgerald

Vidéo : Guy Fitzgerald

Voici les cartes de suivi de ses déplacements*****

Un faucon qui a du « Spirit »

En mai 2004, à Cleveland en Ohio, des biologistes baguent des jeunes faucons pèlerins au nid installé dans les structures d’un pont. Quelques années plus tard, l’un de ces oiseaux est observé à Montréal sur l’un des édifices de l’Université de Montréal. C’est grâce à son marquage par des bagues aux pattes qu’on arrive à la reconnaître et on la nomme Spirit. Commence alors en 2009 une longue histoire de suivi de la reproduction des faucons pèlerins à Montréal avec même des images en ligne sur Internet. Vous pouvez voir l’arbre généalogique de Spirit ou suivre en direct les activités de ces magnifiques oiseaux sur http://www.ornithologie.ca/faucons.

En avril 2017, la surveillance vidéo permet d’observer un combat entre deux femelles faucons pèlerins au nid (voir la vidéo). En juillet 2017, l’UQROP reçoit un appel d’un camionneur à Montréal concernant un oiseau de proie qui semble blessé. Il nous envoie une photo avec son cellulaire, ce qui nous permet de reconnaître un faucon pèlerin adulte. Un de nos précieux bénévoles de transport, Christian Fritschi, accepte d’aller attraper l’oiseau et de nous l’apporter à la Clinique des oiseaux de proie (COP) de la Faculté de médecine vétérinaire.

(photo prise par le camioneur)

(photo: Guy Fitzgerald)

(photo: Guy Fitzgerald)

À l’examen général de Spirit à la Clinique des oiseaux de proie on observe des plaies couvertes par des croûtes sèches sur la cire du bec et à la mandibule en plus d’une enflure importante et chaude du coude droit. La radiographie confirme une arthrite septique du coude et on constate aussi une vieille fracture du côté droit du bassin (synsacrum). Toutes ces blessures sont compatibles avec le fameux combat d’environ 30 minutes qu’elle a livré en avril et en juin avec une autre femelle. La radiographie nous apprend par ailleurs que Spirit a été tirée à la carabine à plomb (plomb parachute) à un moment donné de sa vie. Quelle survivante!

(CHUV, FMV, COP)

Radiographie de Spirit où les flèches indiquent l’enflure du coude droit (arthrite septique), la fracture de la hanche droite et le plomb parachute au bréchet.

Après plusieurs semaines de traitements aux antibiotiques, de soins de plaie et de physiothérapie Spirit a pu être transférée dans une volière de réadaptation à Chouette à voir! à Saint-Jude. La phase finale de sa réhabilitation s’est terminée dans la grande volière. Puis le grand moment a eu lieu le 19 novembre. Spirit a repris sa liberté sur le site de Chouette à voir! à Saint-Jude. On s’attend d’entendre encore parler d’elle lorsqu’elle sera observée et reconnue par ses bagues.

(photo: Guy Fitzgerald)

(photo: Christian Fritschi)

Photos de remises en liberté


Photos: Guy Fitzgerald